Inflammation de bas grade

14 June 2020

Par Dr Jean-Philippe Richter

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L’inflammation est une réponse complexe à une agression locale, une infection ou un traumatisme. Elle peut également correspondre une réponse immunitaire.

Elle se manifeste sur le plan clinique par des douleurs, tuméfactions, des rougeurs et de la chaleur.

Elle implique à la fois des cellules immunitaires (polynucléaires, neutrophiles, macrophages) et des mécanismes non immunitaires (cytokines, chimiokines).

Prise De Sang
Anticorps

L’inflammation évolue en 2 phases principales :

  • Une phase initiale qui fait intervenir l’oxyde nitrique, le magnésium et le BH4 (tétrahydrobioptérine).
  • Une phase plus tardive, avec la cascade des protéines du complément, l’intervention du TNF alpha et l’interleukine-1. Ces 2 dernières molécules provoquent :
    • Des manifestations locales (néovascularisation, synovite, dégradation de la matrice osseuse et cartilagineuse, prolifération cellulaire notamment au niveau intestinal et synovial).
    • Des manifestations systémiques (fièvre, asthénie, syndrome inflammatoire, hyperleucocytose, hyperplaquettose, raideur et amyotrophie musculaire).
    • Des manifestations intestinales (intervention des interleukines 6 et 12 et surtout du NF-kappa B) avec un déséquilibre Th1/Th2. Ceci génère une inflammation intestinale et des troubles digestifs.

 

Après cette phase inflammatoire survient la période de résolution. Cette période est directement liée à la concentration en oméga-3 EPA et DHA qui seront à l’origine de la synthèse des lipoxines, résolvines ou protectines molécules qui permettent la réduction de l’inflammation aiguë ou chronique.

En cas de défaillance en oméga-3, cette inflammation va perdurer de façon chronique en absence de signes cliniques. Pour dépister cette inflammation dite de bas grade qui apparaît alors, il est nécessaire de mesurer la concentration en oméga-3 totale et le rapport en oméga-3/oméga-6 notamment le rapport oméga-3 EPA/ acide arachidonique, ce dernier étant la source des prostaglandines et leucotriènes pro-inflammatoires.

Si un bruit de fond inflammatoire est nécessaire pour nos défenses, sa chronicité et son importance sont la cause de nombreuses maladies inflammatoires et un terrain favorable à de multiples maladies.

Conclusions

L’organisme est en permanence agressé par de multiples causes. Il est donc constamment en équilibre entre les phénomènes inflammatoires et anti-inflammatoires.

Cette activité correspond à un bruit de fond inflammatoire physiologique.

En cas de déséquilibre, soit du fait de processus pro-inflammatoires importants, soit de défenses anti-inflammatoires insuffisantes, une inflammation chronique survient, favorisant le développement de nombreuses maladies (diabète, cancer, obésité, maladie neurodégénérative).

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